Le mercredi soir du 21 janvier 2026, Event Confederation a organisé, en collaboration avec Experience Magazine, sa réception du Nouvel An. 250 professionnels de l’événementiel se sont réunis au Meeting Lab Gand pour trinquer à la nouvelle année.
Avant d’échanger nos vœux de bonne année autour d’une coupe et des bouchées festives, nous avons plongé dans le monde de la technologie et de l’innovation avec deux experts. L’effet de l’IA se fait de plus en plus sentir dans notre secteur événementiel. De nombreux professionnels y ont recours pour la planification, la personnalisation et l’analyse. Mais l’IA peut également renforcer, voire renouveler, l’expérience client, qui est si importante lors d’événements. L’IA est à l’origine d’une véritable (r)évolution.
L’IA change tout, sauf le pouvoir du face-à-face
Stephan Forseilles, responsable de la technologie et de la transformation numérique chez Easyfairs, a lancé un appel enthousiaste à expérimenter davantage l’IA. En effet, l’intelligence artificielle peut également être utilisée de manière particulièrement utile dans le secteur événementiel. Selon Stephan Forseilles, l’IA présente trois atouts majeurs. Tout d’abord, cette technologie excelle dans les tâches dites « gourmandes en données ». L’IA peut ainsi aider à analyser rapidement et efficacement les enquêtes auprès des visiteurs ou à prédire le nombre de désistements sur la base des données des événements précédents. En outre, l’IA renforce la créativité humaine : transformer des idées en vidéo, par exemple, est aujourd’hui un jeu d’enfant. Enfin, l’IA est particulièrement performante dans les tâches répétitives. Forseilles a donné l’exemple de la façon dont il ne parcourt plus différentes newsletters techniques, mais laisse automatiquement regrouper ces informations dans un podcast qui l’attend chaque matin dans sa voiture.
De plus, se lancer dans l’IA est simple et peu coûteux. Cette accessibilité permet aux petites entreprises de faire des choses qui étaient auparavant réservées aux grands acteurs. Le retour sur investissement est évident, même si cela prend parfois un certain temps pour tout régler de manière optimale. Forseilles encourage donc tout le monde à expérimenter et à découvrir ce que l’IA peut leur apporter, et comment ils peuvent tirer parti de cette technologie. En même temps, la révolution de l’IA pose aussi des défis, comme l’abondance de contenus de mauvaise qualité, souvent addictifs (AI slop), et la propagation croissante de la désinformation. À quoi peut-on encore croire ? C’est justement là que réside, selon Forseilles, une opportunité importante pour le secteur de l’événementiel. Dans un contexte de doute et de bruit numérique, les rencontres réelles, en face à face, deviennent en effet plus importantes que jamais.
La puissance sous-estimée du gaming
La deuxième allocution de Steven Leunens, Managing Partner chez Unlocked, a débuté par une question simple mais éloquente : « Qui se considère comme un gamer ? » Dans la salle, très peu de mains se sont levées, peut-être par timidité ou parce que les gens n’osaient pas utiliser cette étiquette. Pourtant, les chiffres contredisent clairement ce sentiment : la Belgique compte pas moins de 6,1 millions de gamers actifs et, à l’échelle mondiale, l’industrie du jeu vidéo est plus importante que le streaming, le box-office cinématographique et la musique. Leunens a illustré cela par son propre parcours, qui a commencé par de petits événements de jeux vidéo dans des centres commerciaux et qui a depuis évolué vers des événements e-sport à grande échelle. Il a notamment fait référence au PGL Major Antwerp 2022, un tournoi de Counter-Strike qui a fait salle comble au Sportpaleis et dont la cagnotte s’élevait à un million de dollars.
Son message était clair : le gaming est encore souvent sous-estimé, mais il recèle un énorme potentiel. Il l’a démontré à l’aide de trois exemples. Le premier était l’Esports World Cup en Arabie saoudite, avec un budget de production annuel d’un milliard de dollars, ce qui montre l’énorme taille du marché mondial. Mais les jeux vidéo peuvent également offrir une valeur ajoutée à plus petite échelle, comme lors du Company Clash aux Pays-Bas, où des entreprises s’affrontent lors d’une journée consacrée aux jeux vidéo. Cette alternative au team building classique est accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par les participants. Enfin, il a cité une campagne de Sanquin, une banque de sang néerlandaise. Celle-ci souhaitait convaincre 500 jeunes de faire déterminer leur groupe sanguin et s’est donc rendue à un grand événement dédié aux jeux vidéo. Son message a été intelligemment intégré dans l’un des jeux vidéo. Au final, 7 400 jeunes ont accepté de se faire prélever. Selon Leunens, cela prouve que lorsqu’on écoute vraiment la communauté, le jeu vidéo peut avoir un impact énorme.

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