Aussi notre partenaire juridique Crowell s’engage à promouvoir la diversité, l’équité et l’inclusion à tous les niveaux. Ils collaborent avec la Hersenletsel Liga et partagent volontiers leur ambition d’organiser davantage d’événements pauvres en stimuli.
Imaginez : vous attendez avec impatience depuis des mois le concert de votre artiste préféré. La salle se remplit, les lumières s’éteignent, les premières notes résonnent avec puissance. Pour la plupart des visiteurs, c’est le début d’une soirée inoubliable, mais pour des milliers de personnes en Belgique, cela devient soudainement une expérience infernale. Alors que les personnes souffrant d’une lésion cérébrale non congénitale (LCNC) pouvaient autrefois profiter de tels moments sans effort, la surcharge sensorielle rend cela soudainement impossible. Ce qui était autrefois relaxant et fédérateur se transforme en quelque chose d’épuisant et de douloureux, obligeant de nombreuses personnes à renoncer.
Lésion cérébrale et surcharge sensorielle : invisible, mais radical
Une lésion cérébrale non congénitale (LCNC) survient à la suite d’un accident, d’un accident vasculaire cérébral (AVC), d’une maladie ou d’un manque d’oxygène. En Belgique, on estime que plus de 431 000 personnes vivent avec un handicap consécutif à une LCNC. L’impact est immense : des pertes de mémoire et troubles du langage à la paralysie d’un côté du corps. Parmi ces conséquences concrètes, un aspect reste souvent sous-exposé : la surcharge sensorielle. Pas moins de 90 % des personnes atteintes d’une LCNC souffrent du bruit ou d’autres stimuli. Les sons, la lumière et l’agitation arrivent sans filtre, comme si tous les boutons de volume étaient ouverts en même temps. Le cerveau peut alors être submergé, un état que nous appelons la surcharge sensorielle.
Pour les personnes extérieures, cela semble parfois banal. « Oh, un peu de bruit, ce n’est pas si grave, non ? » Pourtant, de nombreux experts du vécu indiquent qu’il s’agit de l’une des conséquences les plus lourdes de leur lésion. La surcharge sensorielle peut entraîner de violents maux de tête, des vertiges, une fatigue extrême, des crises de panique ou même des évanouissements. Là où un visiteur en bonne santé est simplement fatigué après une soirée animée, une personne souffrant de LCNC reste parfois prostrée pendant des jours dans une chambre noire, épuisée. En conséquence, elles renoncent de plus en plus souvent : elles évitent les lieux bondés, restent chez elles et perdent leurs contacts sociaux. C’est ainsi que, étape par étape, l’accès aux activités qui apportaient autrefois plaisir et lien social disparaît.
La culture comme réconfort… ou comme obstacle
En 2025, de nombreux organisateurs s’engagent de plus en plus en faveur de l’inclusion. On trouve des plateformes pour fauteuils roulants, des passages plus larges, des toilettes adaptées et des services d’accompagnement spécifiques. Ce sont des étapes précieuses qui améliorent l’accessibilité physique. Cependant, l’accessibilité va bien au-delà du seul aspect physique. Pour les personnes rapidement sujettes à la surcharge sensorielle, comme les personnes atteintes d’une LCNC, la manière classique d’organiser des événements reste un obstacle majeur. Et elles ne sont pas les seules ; les personnes autistes, celles souffrant de TDAH, d’hypersensibilité ou d’acouphènes rencontrent également souvent des difficultés dans des environnements riches en stimuli. De plus, de plus en plus de jeunes sans diagnostic formel signalent qu’ils font eux aussi l’expérience de la surcharge sensorielle. C’est une réalité sociétale croissante.
Une soirée culturelle peut donc être salvatrice et fédératrice pour certains, mais constituer involontairement un obstacle pour d’autres. En accordant une attention particulière à l’accessibilité cognitive et sensorielle lors des événements, nous pouvons jeter un pont pour surmonter cette barrière.
Des événements pauvres en stimuli : possibles et précieux
Beaucoup pensent : « Le bruit, la lumière et l’agitation font tout simplement partie d’un événement, non ? » Pourtant, organiser des événements pauvres en stimuli est bel et bien possible. Il ne s’agit pas de supprimer totalement les stimuli, mais d’offrir du choix et du contrôle aux visiteurs. En communiquant clairement à l’avance sur les stimuli présents, les gens peuvent mieux se préparer et déterminer si l’événement leur convient. Chaque événement n’a pas besoin d’être intégralement calme ; tout commence souvent par une information claire sur ce à quoi les visiteurs peuvent s’attendre.
Il existe différentes manières de rendre un événement plus accessible sur le plan sensoriel. Le niveau sonore peut être adapté en évitant la musique forte ou les annonces au micro, et en désactivant les effets sonores automatiques. L’éclairage peut également être tamisé là où c’est possible, et les lumières clignotantes ou trop vives peuvent être limitées. Des zones de calme permettent aux visiteurs de se retirer un instant, tandis qu’un accompagnement ou un soutien spécifique peut offrir un confort supplémentaire à ceux qui en ont besoin. De plus, un événement respectueux des sens ne s’arrête pas à l’entrée. Une communication préalable est essentielle pour que les visiteurs sachent à quoi s’attendre. Un point de contact pour poser des questions avant l’événement aide à réduire le seuil de participation. Pensez aussi au transport, à l’accessibilité et à des installations calmes, comme des toilettes ou des places assises isolées du bruit. Avec ces trois règles d’or, vous ferez déjà un grand pas : adaptez le son et la lumière, créez des zones de calme et informez à l’avance sur les stimuli.
Le « pauvre en stimuli » : une nouvelle façon de penser
L’accessibilité n’est pas un luxe. C’est un signe de respect envers un public diversifié et un investissement pour l’avenir. Une approche respectueuse des sens élargit non seulement votre portée, mais témoigne également d’une responsabilité sociétale. En gérant consciemment les stimuli, vous ouvrez la porte à un public qui, aujourd’hui, reste trop souvent sur le côté.
Delphine De Witte & Carolien De Prycker | www.hersenletselliga.be | info@hersenletselliga.be | Facebook | Instagram | LinkedIn



