Le rôle des autorités dans le secteur événementiel

Le secteur événementiel recouvre de nombreuses réalités et est actif dans les secteurs lucratif, non lucratif et public. Pour des raisons historiques, de nombreuses autorités locales et régionales continuent d’organiser elles-mêmes des événements. Cependant, avec la croissance et la professionnalisation du secteur ces dix dernières années, le statut de ces autorités — à la fois organisatrices et fournisseurs — est de plus en plus questionné. S’agit-il d’une distorsion de la concurrence ou d’un véritable levier de soutien pour le marché ?

Entretien avec la Députée Joke Schauvliege

Tout comme dans d’autres provinces, le site web du service de prêt de la province de Flandre-Orientale permet aux ASBL, aux associations de fait ou aux administrations publiques organisatrices d’emprunter de nombreux équipements techniques et non techniques (souvent gratuitement) en complément des services de prêt urbains et communaux. Il s’agit notamment de matériel de sonorisation, d’éclairage, de vidéo ou de scène. En tant que Députée de la province de Flandre-Orientale, la publication de Joke Schauvliege sur les réseaux sociaux fin janvier a suscité de vives réactions dans notre secteur. Cela a conduit notre Event Confederation Manager à s’entretenir avec elle à ce sujet fin février.

Le fait que nos autorités souhaitent soutenir ou subsidier certains groupes cibles ne pose pas de problème à nos organisations événementielles, mais cela peut se faire sans porter préjudice à nos fournisseurs. En tant qu’Event Confederation, nous plaidons en effet pour que nos autorités jouent un rôle de soutien et non de distorsion du marché.

Le rôle de modèle des autorités locales

Notre partenaire, la VVSG, fédère l’ensemble des villes et communes et réunit également, depuis l’après-crise du coronavirus, les coordinateurs d’événements de ces entités environ deux fois par an. Une initiative pionnière, étant donné que le département « Événements » n’existe pas encore formellement au sein de la VVSG. Comme annoncé dans le calendrier de notre site web, la prochaine édition de cet « Café des Événements » sera organisée le 2 avril 2026.

Bien que cela ne soit pas encore visible au niveau régional ou fédéral, les choses évoluent positivement au niveau local. Il y a dix ans, on ne trouvait pratiquement aucun responsable de l’événementiel à cet échelon dans notre pays. Les événements étaient dispersés entre différents services : culture, jeunesse, sport, économie… Aujourd’hui, il est devenu difficile de trouver une ville ou une commune sans un coordinateur dédié au domaine transversal des Événements. La plupart des autorités locales disposent même déjà d’un service des Événements et d’un Échevin des Événements. La nomination d’un Ministre des Événements semble donc être la prochaine étape logique.

L’événement devient un domaine politique

Entre-temps, l’article « L’événement devient un instrument politique » a été publié dans le numéro de février du magazine Lokaal de la VVSG. Une reconnaissance pleine et entière du secteur événementiel semble de plus en plus proche. Pour l’instant, nous soutenons pleinement le plaidoyer de notre partenaire invitant les autorités locales à travailler avec une politique réfléchie pour des événements à fort impact.

L’article fait référence à l’étude du centre de recherche Publieke Impact de la haute école KdG. La conclusion principale est que la politique événementielle dans la plupart des villes et communes en est encore à ses balbutiements. C’est encore souvent une phase de recherche et de tâtonnement, tant au niveau administratif que politique. Ainsi, une grande partie de l’énergie est encore consacrée à l’organisation d’un service performant, doté d’un guichet des événements accessible. Bien qu’il y ait une « évolution vers la professionnalisation », on observe également une « fragmentation particulièrement importante » de tout ce qui touche à la politique événementielle.

Les autorités locales doivent créer une offre accessible et percutante pour leurs habitants, mais ne doivent pas pour autant assumer un rôle de distorsion du marché. Ici aussi, une mentalité du « et-et » est cruciale.